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Perspectives de placement

Le point sur les marchés en milieu d’année

Sur un quai de chargement, deux hommes discutent de l’envoi de conteneurs.

Au Canada, pays exportateur, la reprise économique dépendra surtout de la vitalité de ses partenaires commerciaux et en particulier des États-Unis.

Les marchés boursiers ont repris vie au deuxième trimestre, les signes d’amélioration de l’économie mondiale ayant suscité un regain d’optimisme chez les investisseurs. De plus en plus d’éléments laissent sous-entendre que non seulement nous avons évité une dépression mondiale grâce à l’action coordonnée des pouvoirs publics, mais que le pire de la récession est probablement passé. Les soi-disant « signes précurseurs » ont contribué à faire bondir de 18 % le marché boursier canadien, dominé par les technologies de l’information, les services financiers et l’énergie.

Malgré les signes d’amélioration, l’économie mondiale est loin d’avoir repris son rythme de croissance normal. Les Services économiques TD prévoient un recul de 1,9 % de l’économie mondiale en 2009, les pays développés étant les plus touchés. La Chine et l’Inde comptent parmi les rares pays qui devraient afficher une croissance positive. La plupart des prévisionnistes s’attendent à une reprise de la croissance l’an prochain, mais à un rythme modeste. Pour leur part, les Services économiques TD prévoient un rythme d’expansion de 2,7 % en 2010, dont la Chine et l’Inde seraient les moteurs.

Recul des exportations canadiennes

Comme l’expansion se poursuit toujours en Chine et en Inde, les investisseurs se tourneront probablement vers les pays exportateurs comme le Canada, où l’on produit des biens consommés par ces deux pays. Au Canada, pays exportateur, la reprise économique dépendra surtout de la vitalité de ses partenaires commerciaux et en particulier des États-Unis.

Le volume des exportations canadiennes diminue à un rythme accéléré et a chuté de 17 % par rapport à il y a deux ans. En outre, le secteur canadien des exportations a vu sa taille diminuer; il représente maintenant quelque 33 % de l’économie canadienne, alors que ce pourcentage se situait traditionnellement à 40 %. La poussée de 9 % du dollar canadien depuis la fin mars est venue compliquer la tâche des exportateurs.  

Le Canada aura beau bénéficier de l’essor continu de régions comme la Chine et l’Inde, son secteur des exportations aura du mal à se rétablir complètement si la demande américaine n’est pas au rendez-vous. De plus, notre économie intérieure demeure fragile, un peu comme ce qui se passe aux États-Unis. Le recul de 0,8 % des ventes au détail en avril donne à penser que la consommation stagne au Canada, et la hausse du chômage réfrénera tout enthousiasme des consommateurs.

Les bénéfices sont lents à se redresser

Même s'ils ont affiché une croissance négative, les bénéfices du premier et du deuxième trimestres de 2009 ont été généralement supérieurs aux prévisions. Cette vigueur relative observée au premier semestre a été en grande partie attribuable aux mesures de compression des coûts, qui ont aidé les entreprises à annoncer des bénéfices surpassant des prévisions particulièrement faibles. De plus, au deuxième trimestre, la moitié des entreprises ont annoncé un chiffre d'affaires meilleur que prévu.

Les investisseurs voudront voir une amélioration des ventes et des bénéfices au moment de la publication des résultats du troisième trimestre. Et les prévisions des entreprises auront tout autant d’importance, car les investisseurs rechercheront des signes d’amélioration du côté des bénéfices et de la demande. Globalement, l’on s’attend à ce que les bénéfices piquent du nez en 2009 et se redressent en 2010.

Rebond des prix des produits de base

Les prévisions formulées à l’égard du marché canadien en 2009 devraient être moins négatives que ce à quoi l’on s’attendait au départ, à cause du rebond des prix des produits de base (le pétrole, surtout) et des meilleurs résultats dégagés par les banques canadiennes. Cela dit, comme le Canada entre dans une période de léthargie des prix des produits de base, ceux-ci pourraient facilement fléchir si la demande chinoise marquait un répit. Voilà qui inciterait les investisseurs à douter de la durabilité de la reprise. Vu le poids considérable qu’occupent les ressources dans l’indice composé &SP/TSX (l’énergie et les matières premières représentent 45 % de l’indice), les préoccupations entretenues dans le court terme à l’égard des prix des produits de base auront une incidence sur la direction empruntée par l’indice.

Le dégel se poursuit sur les marchés du crédit

Les marchés du crédit ont continué à prendre du mieux ces derniers mois, comme l’ont montré le plus grand nombre d’émissions d’obligations de sociétés et le rétrécissement de l’écart propre au LIBOR (London Interbank Offered Rate). Cependant, le crédit demeure difficile et les tensions s’exercent toujours sur les marchés du crédit. Les taux obligataires ont monté dans les derniers mois; l’obligation du gouvernement du Canada à 10 ans rapporte maintenant 3,6 %. Si les taux obligataires demeurent historiquement bas, d’importants mouvements à la hausse pourraient menacer les actions – mais cela nous paraît improbable.

Des évaluations toujours attrayantes

L’indice composé &SP/TSX se négocie à 13 fois les bénéfices prévus par les analystes pour 2010, soit un niveau inférieur à la moyenne historique de 15. Avec un ratio bénéfice-cours de 7,7 %, l’indice demeure attrayant par rapport aux taux obligataires de 10 ans, aussi bien actuels que prévus. Et enfin, le rendement en dividendes de l’indice, s’établissant à 3,2 %, continue de favoriser les actions.

La conjoncture économique demeure fragile, mais la remontée rapide de l'économie semble annoncer une éventuelle correction des marchés boursiers. Les investisseurs ont peut-être intérêt à continuer de privilégier les titres de qualité de sociétés caractérisées par un bilan solide, des résultats respectables et une équipe de direction compétente, en plus de miser sur les grandes capitalisations qui versent des dividendes.

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