La Bourse américaine : un regain d’optimisme
Ces derniers temps, un certain nombre de facteurs concourent à un regain d’optimisme à l’égard du marché boursier américain. Le premier qui vient à l’esprit est celui des hausses surprises de bénéfices, qui ont été fulgurantes au deuxième trimestre de 2009. Les bénéfices sont solidesUn nombre impressionnant de sociétés du &SP 500, soit 76 %, ont publié des bénéfices surpassant les estimations, et 51 % d’entre elles ont aussi réalisé un chiffre d’affaires supérieur aux attentes. En moyenne, les sociétés ont dépassé les estimations de 10,4 %. Un examen des résultats du deuxième trimestre indique que les plus grandes surprises sont venues des secteurs cycliques : 94 % des sociétés technologiques ont vu leurs bénéfices grimper, de même que 92 % des sociétés œuvrant dans les secteurs de la consommation discrétionnaire et des matières premières, et 86 % des sociétés industrielles. Il est généralement admis que la vigueur de ces résultats n’est attribuable qu’à la compression des coûts. Or ce n’est pas ce que les données laissent entendre, puisque 51 % des sociétés ouvertes ont également dégagé un chiffre d’affaires plus élevé que prévu et que pour 29 % d’entre elles, on a observé une progression du chiffre d’affaires sur douze mois. Par ailleurs, notons que la progression naturelle des événements au sortir d’une récession consiste d’abord en un redressement des bénéfices par suite d’une rationalisation des coûts de l’entreprise, puis en un accroissement du chiffre d’affaires. Cela se fait étape par étape, et c’est là le cours normal des choses. La croissance du chiffre d’affaires finit par suivre, en temps utile. Dans l’ensemble, les résultats du deuxième trimestre ont largement surpassé les attentes, ce qui, selon nous, sera très favorable aux prix des actions et aux valorisations. Les valorisations sont favorablesLes valorisations boursières constituent un autre facteur positif. Selon les prévisions de bénéfices d’exploitation pour 2010, les actions se négocient à seulement 13 fois le bénéfice prévu en 2010. Ce ratio n’a rien d’excessif, notamment parce que la récession est clairement sur le point de prendre fin. Si le ratio passait à 15 fois le bénéfice prévu en 2010, l’indice &SP grimperait à 1 110 points, soit 10 % ou 15 % de plus par rapport au niveau actuel. Si nous étions très préoccupés par une éventuelle révision à la baisse des bénéfices en 2009 (et 2010), nous sommes désormais rassurés par les résultats du deuxième trimestre de 2009. Comme la plupart des principaux indicateurs économiques montrent que nous tournerons bientôt la page (ou l’avons peut-être déjà fait) sur la pire récession depuis des décennies, nous estimons que les valorisations actuelles ne sont pas trop coûteuses. Creux du marché de l’habitationAutre bonne nouvelle : l’amélioration des données du marché de l’habitation. En juin, les ventes de maisons neuves ont bondi de 11 % – la plus forte accélération des ventes depuis novembre 2008 –, pour un troisième gain mensuel de suite. Au cours du même mois, les ventes de maisons existantes ont progressé de 3,6 %, pour une troisième hausse mensuelle consécutive. Ces chiffres indiquent que le marché de l’habitation aux États-Unis pourrait avoir atteint son creux. D’autres statistiques économiques clés pointent dans cette direction. L’indice des indicateurs avancés du Conference Board a progressivement monté ces derniers mois, ce qui donne à penser que la récession tire à sa fin. Des signes positifs : les écarts des obligations de sociétés et la faible volatilité boursièreLes écarts des obligations de sociétés et l’indice VIX de volatilité (VIX) ont atteint un sommet au quatrième trimestre de 2008, alors que la crise financière était à son point culminant. Depuis, les écarts et l’indice VIX ont nettement diminué, ce qui explique la meilleure humeur des investisseurs. Les écarts sur les obligations de sociétés sont l’un des principaux vecteurs d’une remontée durable de la Bourse. Ils représentent un indicateur avancé des conditions macroéconomiques des entreprises, et leur rétrécissement se traduit par un regain d’optimisme sur le marché et, en général, par des projets d’expansion des entreprises. Le passé nous a appris que les marchés boursiers ont tendance à atteindre leur creux à peu près au moment où les écarts atteignent leur sommet. Bien que d’autres reculs boursiers soient à prévoir, nous estimons que la Bourse a atteint un plancher, et le fait que les écarts des obligations de sociétés ont plafonné semble le confirmer. Amélioration de l’ampleur du marchéL’ampleur constitue un aspect important du marché boursier. Elle illustre si la remontée est attribuable à quelques « poids lourds » ou si celle-ci est généralisée. L’ampleur suit l’évolution de la Bourse, et les deux ont monté depuis les creux de mars – un signe encourageant sur le plan des indicateurs techniques. En résuméAlors que s’amorce le troisième trimestre, traditionnellement faible, nous sommes conscients de la possibilité d’un repli à court terme. À long terme, toutefois, nous sommes plus optimistes à l’égard du marché boursier américain, la convergence des données plaidant en faveur de cette position. Bien que les bénéfices annoncés sur douze mois n’aient pas augmenté, ils semblent engagés dans la bonne voie, comme le démontre le nombre grandissant de révisions à la hausse. De plus, les statistiques économiques sont de plus en plus encourageantes, ce qui donne à penser que la récession tire à sa fin. Les valorisations, même si elles ne sont pas exceptionnellement faibles, pourraient encore remonter, soutenues par l’amélioration des fondamentaux économiques et par les bénéfices des sociétés. Enfin, le portrait des indicateurs techniques s’embellit lui aussi : l’indice &SP 500, le Nasdaq et le Dow 30 atteignent tous de nouveaux sommets vu l’amélioration de l’ampleur. | |
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