Revenu fixe : un petit monde
Les marchés financiers s’adaptent toujours aux changements complexes. Ils sont influencés autant, sinon plus, par les perceptions que par la réalité. Les théories du placement sur lesquelles on s'appuyait jusqu'ici pourraient ne plus être valides devant la constante évolution du marché. Prisée depuis longtemps, la théorie du placement axée sur la diversification mondiale a vu sa crédibilité entachée récemment par la crise des marchés financiers qui se poursuit. Les marchés des obligations et des devises se sont adaptés très tôt à la technologie et à la mondialisation des marchés financiers, ce qui leur a permis de voir au-delà des frontières locales. Ils savent depuis longtemps que leurs mondes sont devenus étroitement liés et petits. Et, plus important encore, ils ont appris à s’ajuster rapidement pour évaluer les éléments dans une perspective mondiale; les défaillances sur prêts hypothécaires en Californie et en Floride peuvent mener à l’effondrement de banques aussi loin qu’au Royaume-Uni et en Allemagne. Grâce aux plans audacieux de relance monétaire et budgétaire dans le monde, les marchés financiers se sont apparemment calmés et les marchés boursiers mondiaux ont amorcé un rebond vigoureux au cours du deuxième trimestre de 2009. On croit de plus en plus que l’économie mondiale, tirée par les stocks, reprendra plus tard cette année. Toutefois, un coup d’œil aux taux d’intérêt dans le monde laisse croire que des défis se pointeront à l’horizon. Ce que nous disent les taux d’intérêtPremièrement, le graphique des courbes de rendement des principales économies développées affiche des taux d’intérêt extrêmement faibles, soit le minimum que les banques centrales sont prêtes à autoriser sans que les marchés monétaires en souffrent. Les banques centrales aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Japon ont pris des mesures additionnelles au moyen de l’assouplissement quantitatif pour injecter davantage de liquidités dans leur système financier. Les politiques de taux d’intérêt avoisinant le zéro à l’échelle mondiale sont sans précédent, ce qui témoigne de la gravité et de la profondeur de la crise financière mondiale et de la récession. Par ailleurs, historiquement, de faibles taux d’intérêt à plus long terme indiquent que la reprise peut être lente, menant à des attentes inflationnistes bien maîtrisées. Et à l’exception du Japon, les courbes de rendement des principales économies développées ont fortement convergé, à l’image de la synchronisation récente des marchés obligataires. Par conséquent, les investisseurs ont peu à gagner en favorisant la diversification internationale sur le marché des titres à revenu fixe. Sur une base annuelle, la majeure partie des gains ou des pertes provenant des obligations étrangères est liée au risque de change. Même les spécialistes s’entendent pour dire qu’il est extrêmement difficile de prédire les variations de change à court ou à moyen terme, puisqu’elles sont tributaires de nombreuses variables (et d’une combinaison de celles-ci). Dans le passé, la plupart des devises étrangères étaient négociées à des fins de couverture pour des entreprises œuvrant à l’extérieur de leur pays. Cependant, la nature hautement liquide des marchés de devises a également attiré une part grandissante de spéculateurs, d’où la volatilité plus forte de ces marchés. Les importantes variations dans les fluctuations du taux de change ont rendu périlleuse la diversification internationale des placements, à moins que l’investisseur ne se trouve du bon côté de la fluctuation de change. Par exemple, le dollar canadien est perçu par les spéculateurs comme une devise liée aux produits de base et fortement corrélée aux fluctuations des prix des produits de base. Et puisque les prix des produits de base ont été volatils au cours des dernières années, le dollar canadien l’a été, lui aussi. Répercussions sur les placementsLa diversification des obligations étrangères est risquée compte tenu de la convergence des courbes de rendement internationales, puisque la majeure partie des rendements provient des spéculations sur le taux de change. Toutefois, la diversification étrangère est indiquée s’il existe un besoin réel pour cette devise (c.-à-d. les retraités migrateurs canadiens vivant aux États-Unis). La spéculation sur les devises est très complexe; elle relève de la négociation, non pas du placement. | |
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