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Perspectives de placement

Où investir ses liquidités?

par Bob Gorman, CFA, stratège de portefeuille en chef, TD Waterhouse

Accoudé au comptoir de sa cuisine, un homme consulte son ordinateur portable.

Bien qu’il soit prudent de conserver des liquidités en cas d’urgence, bon nombre d’investisseurs détiennent une quantité excessivement élevée de placements liquides.

En ce moment, le niveau des liquidités est extraordinairement élevé partout en Amérique du Nord. Ainsi, chez notre voisin du sud, environ 3,6 billions de dollars US sont investis, à l’heure actuelle, dans les fonds de marché monétaire.

L’énigme des liquidités

Le problème, c’est qu’à l’heure actuelle, les liquidités ne rapportent peut-être pas beaucoup aux investisseurs. Les titres du marché monétaire, comme les bons du Trésor et les fonds de marché monétaire, produisent peut-être du 0,5 %. Après les impôts et l’inflation, le rendement des liquidités est donc négligeable. Les investisseurs, quant à eux, hésitent, on le comprend aisément, à courir un risque supplémentaire. Dans ces conditions, comment obtenir un rendement qui en vaille la peine sans courir trop de risque?

Autres solutions à revenu fixe

À ce stade-ci, un portefeuille général d’obligations de sociétés bien diversifié et de grande qualité rapporte un peu plus de 4 %, soit beaucoup plus que le rendement de 0,5 % offert sur le marché monétaire. Ce rendement supplémentaire est intéressant, mais on doit prendre soin de diversifier ses actifs et de s’en tenir aux émissions de grande qualité ainsi qu’aux échéances modérées.

Certains investisseurs s’inquiètent d’une flambée possible de l’inflation dans les années à venir, conscients des immenses déficits qu’entraîneront les vastes programmes de relance économique adoptés par les gouvernements. Nous ne savons pas encore si l’inflation fera des siennes, mais l’un des moyens de se protéger contre ce risque est l’obligation à rendement réel (ORR). Celle-ci vise à procurer à l’investisseur un rendement qui varie selon le taux d’inflation mesuré par l’indice des prix à la consommation (IPC).

Émises principalement par le gouvernement fédéral, ces obligations sont plutôt complexes de nature et peu négociées. Avant de vous engager dans cette voie, veuillez prendre soin de bien de vous renseigner sur les ORR.

Des solutions de rechange prudentes

Historiquement, les taux obligataires ont surpassé le rendement boursier des actions ordinaires au Canada. Aujourd’hui, ce n’est plus nécessairement le cas, car le rendement boursier est souvent égal ou supérieur aux taux obligataires.

Les dividendes des sociétés canadiennes procurent plusieurs avantages par rapport à l’intérêt obligataire. D’abord, le crédit d’impôt pour dividendes fait en sorte qu’un dollar de dividende de ­société canadienne équivaut environ à 1,30 $ d’intérêts après impôts. Par exemple, un rendement boursier de 3,6 % réalisé sur un titre bancaire canadien équivaut à un taux obligataire d’environ 4,6 %. Ensuite, et cela est capital, bon nombre des sociétés de très grande qualité ont régulièrement augmenté leur dividende – souvent, chaque année (voir « Un historique de croissance des dividendes » ). Ces hausses de dividendes gonflent le revenu courant des ­investisseurs, assurent une protection contre l’inflation et tendent à faire monter les cours en Bourse.

Bien entendu, les dividendes sont parfois amputés, et même les meilleures sociétés peuvent voir leur titre dégringoler dans les périodes tumultueuses comme celle que nous avons connue dans la dernière année.

Ce qui vous convient

S’il est prudent de mettre de côté des liquidités pour les imprévus, beaucoup d’investisseurs ont des réserves anormalement élevées. À ceux qui recherchent un rendement potentiel plus élevé sans relever pour autant le pourcentage de leurs actions, nous recommandons des obligations de sociétés de gande qualité. Au besoin, des obligations d’État à rendement réel peuvent servir de complément à ces titres.

Aux investisseurs qui souhaitent augmenter leurs positions en actions, les sociétés canadiennes productrices de dividendes relativement élevés et habituées de les augmenter au fil du temps offrent une autre source de revenu et un potentiel de plus-value avec le temps

Le graphique « Un historique de croissance des dividendes » illustre la croissance des dividendes versés par les 60 plus grandes sociétés du Canada entre mars 2000 et juin 2009 (Fonds iShares sur indice &SP/TSX 60.).

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