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Perspectives de placement

Perspectives d’investissement pour 2010

par Robert J. Gorman, CFA, stratège de portefeuille en chef, TD Waterhouse

Des ouvriers en bâtiment construisent la charpente d’une maison.

Aux États-Unis, le marché de l’habitation devrait atteindre son creux bientôt et amorcera une remontée graduelle en 2010.

Il y a un an, lorsque nous portions notre regard vers 2009, nous avions établi que des occasions se présenteraient sur les marchés boursiers : les valorisations étaient faibles, beaucoup d’argent pouvait être investi et les politiques budgétaires et monétaires étaient conciliantes. Au début de décembre, les rendements des marchés canadien et américain, ainsi que des principaux marchés étrangers ont été conformes ou supérieurs aux prévisions (voir le graphique « Reprise des actions nord-américaines »).

Des préoccupations au premier plan

Lorsqu’on examine les perspectives boursières pour 2010, on constate que quelques questions sont très préoccupantes. Le marché résidentiel américain demeure problématique, le chômage important donnant lieu à un grand nombre de saisies de maisons. Parallèlement, les prêts hypothécaires à taux variable aux États-Unis sont renouvelés à des taux plus hauts, alors que de nombreux propriétaires de maison ne peuvent guère se permettre des versements hypothécaires plus élevés.

Néanmoins, nous soutenons que le marché de l’habitation devrait atteindre son creux bientôt et amorcera une remontée graduelle en 2010. Chez nos voisins du sud, le marché immobilier commercial constitue un sérieux problème qui devrait nuire aux banques régionales américaines durant plusieurs années encore.

De plus, les consommateurs – en particulier les consommateurs américains – sont naturellement sur leurs gardes, et cherchent à épargner davantage, à réduire leurs dettes et à moins dépenser. Ce resserrement de leur budget sera avantageux à long terme, mais se traduit à court terme par une atonie des dépenses de consommation et par une reprise économique timide.

Des facteurs positifs

Cela dit, nous observons un certain nombre d’importants facteurs positifs pour la Bourse en 2010 :

  • Les valorisations boursières sont raisonnables, l’indice &SP 500 se négociant à environ 14,5 fois le bénéfice d’exploitation prévu pour 2010 – un multiple semblable à la moyenne historique.
  • Les marchés du crédit se sont grandement rétablis. Les mesures des appréhensions qui pèsent sur les marchés du crédit ont beaucoup diminué par rapport à il y a un an, l’émission des obligations de sociétés a monté en ­flèche et la courbe de rendement est très prononcée, ce qui est très avantageux pour le système bancaire américain et témoigne en général d’une amélioration de l’économie.
  • Les mesures monétaires et budgétaires sont très conciliantes, les taux d’intérêt de court terme étant faibles et les dépenses publiques, élevées.
  • La croissance économique sera modérée et suffira à stimuler la rentabilité des entreprises, mais sans alimenter l’inflation ni exiger un durcissement marqué de la politique monétaire.
  • Les gains de productivité des entreprises ont été importants, surtout aux États-Unis, puisque celles-ci ont sabré les coûts de main-d’œuvre. Par ailleurs, les stocks des entreprises ont diminué fortement. Tout cela est de bon augure pour la rentabilité lorsque le volume des ventes s’accroîtra.
  • La liquidité demeure exceptionnel­lement élevée par rapport à la capitalisation boursière; il s’agit d’un signe probant du scepticisme des investisseurs à l’égard des actions. Il est probable que ce pouvoir d’achat latent des investisseurs serve – du moins en partie – à des achats à la Bourse au cours des prochains mois.

Ce que l’avenir nous réserve

Dans l’ensemble, nous nous attendons à ce que les actions nord-américaines progressent pour une deuxième année consécutive et enregistrent une forte hausse à un chiffre en 2010. De plus, les investisseurs délaisseront probablement les petites capitalisations et les secteurs plus volatils pour se tourner vers les grandes capitalisations qui affichent un chiffre d’affaires ainsi qu’une croissance des bénéfices et des dividendes plus stables – grandes sociétés qui sont restées en retrait de la reprise jusqu’à présent.

À l’étranger, la reprise économique semble confirmée en Europe, grâce à la vigueur des exportations. Les actions sont attrayantes, avec un faible ratio cours-bénéfice et un rendement boursier élevé. Nous prévoyons des rendements qui tourneront autour de 10 %, tirés par les grandes capitalisations. Du côté des marchés boursiers émergents, une croissance économique de 5 % à 9 % et une solide progression des bénéfices en Chine, en Inde et au Brésil devraient donner lieu à des rendements à un chiffre élevés – mais inférieurs à ceux de 2009 –, accompagnés d’une forte volatilité.

Les rendements obligataires devraient être modestes et se situer à 3 % ou 4 %, tandis que les obligations de sociétés de qualité supérieure surpasseront encore les obligations d’État. Cependant, leur meilleure tenue sera beaucoup plus faible que celle constatée en 2009.

En définitive, nous croyons qu’en 2010, pour une deuxième année d’affilée, il sera plus avantageux d’être un propriétaire (investir dans des actions) qu’un prêteur (investir dans des obligations).

Le graphique « Reprise des actions nord-américaines » indique que l’indice composé &SP/TSX et l’indice &SP 500 ont tous deux enregistré des gains dans les deux chiffres en 2009.

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