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Perspectives de placement

La reprise sera engagée pour de bon en 2010

par Craig Alexander, vice-président principal et économiste en chef adjoint, Groupe Financier Banque TD

Un employé d’un service d’expédition vérifie des boîtes sur une chaîne de montage.

Bon nombre d’économies ont repris le chemin de la croissance grâce à une remontée de la production.

L’économie mondiale est sortie du marasme. En Asie, la récession a pris fin au deuxième trimestre de 2009, tout comme ce fut le cas dans les deux plus grandes économies de l’Europe continentale, l’Allemagne et la France. Les économies américaine et canadienne se sont redressées au troisième trimestre de 2009.

Voilà qui soulève deux questions. D’abord, la reprise durera-t-elle? Ensuite, sera-t-elle vigoureuse?

De l’avis des Services économiques TD, il est fort probable que la croissance sera soutenue en 2010 et dans les années subséquentes. Toutefois, la reprise en Amérique du Nord sera graduelle, car l’on s’attend à ce que le taux de croissance aux États-Unis et au Canada se maintienne entre 2 % et 3 % en 2010.

Un contexte favorable

Commençons par les vraies bonnes nouvelles. Un regain de la production a déjà donné un élan à bon nombre d’économies. Si l’interdépendance des économies dans le monde a eu pour effet que tous les pays sont tombés en récession en même temps, alors ils retrouveront en même temps le chemin de la croissance.

Il faut attribuer aux pouvoirs publics une bonne partie du crédit de la reprise. Partout dans le monde, les gouvernements ont mis en œuvre des politiques visant à stimuler leur économie, pendant que les banques centrales sabraient les taux d’intérêt et adoptaient des mesures destinées à soutenir leurs institutions financières. Leurs interventions rapides et coordonnées ont permis d’éviter une crise économique beaucoup plus grave.

Reprise graduelle aux États-Unis

Nous croyons que la reprise américaine sera durable. Il faut bien reconnaître qu’elle est portée par de formidables mesures de relance budgétaires, sans compter que la principale source de croissance des revenus demeure les paiements de transfert destinés aux ménages. Pour qu’il y ait reprise durable, la demande provenant du secteur privé doit prendre la relève. Le rebond de l’emploi et la hausse des salaires dans le secteur privé doivent, tôt ou tard, réapparaître. À notre avis, cela devrait se produire dans les mois à venir, mais graduellement.

Au fur et à mesure que la reprise se manifestera, la politique monétaire américaine marchera sur la corde raide. Un relèvement trop hâtif des taux risquerait d’entraîner une rechute de l’économie et une nouvelle contraction de la production; par contre, un relèvement trop tardif pourrait entraîner une inflation galopante.

Nous nous attendons à ce que l’activité économique s’accélère progressivement aux États-Unis, car les ménages et les institutions financières n’ont pas encore retrouvé la santé. Les dépenses de consommation s’en ressentiront, elles qui représentent environ 70 % de l’économie.

Voilà qui laisse sous-entendre que la Réserve fédérale américaine (la « Fed ») pourrait ne pas relever les taux avant le début de 2011. Même si la Fed maintiendra les taux de court terme à un faible niveau, les taux obligataires devraient monter modérément en 2010, car les investisseurs anticiperont une plus grande vigueur de l’économie et spéculeront sur un futur resserrement du crédit. La faiblesse des taux d’intérêt, combinée aux emprunts massifs de l’État, donne à penser que le dollar américain pourrait continuer à languir dans le court terme.

Fondamentaux solides au Canada

Au Canada, nous nous attendons à ce que le huard accède à la parité avec le dollar américain au début de 2010. L’ascension du huard constituera un obstacle majeur à la reprise des exportations canadiennes.

Plus que par le passé, la reprise de l’économie canadienne reposera sur la croissance de la demande intérieure. L’un des atouts du Canada est qu’au sortir de la crise du crédit, le pays compte sur un système bancaire qui fonctionne bien et qui continue de prêter allègrement aux ménages. De plus, les entreprises bénéficient de coûts d’emprunt très favorables. Dans l’ensemble, l’économie canadienne devrait connaître une expansion modérée en 2010.

La Banque du Canada s’est engagée à garder les taux d’intérêt à leur niveau actuel au moins jusqu’en juin 2010. Comme l’économie est plutôt lente à repartir, nous prévoyons que les autorités monétaires ne relèveront pas les taux avant le dernier trimestre de 2010. Les taux obligataires s’aligneront en grande partie sur leurs pendants américains, mais le rendement de la dette cana­dienne sera légèrement inférieur à celui de la dette américaine, reflétant ainsi la meilleure situation des finances publiques au Canada.

Rebond des bénéfices des sociétés

Partout dans le monde, les bénéfices des sociétés augmenteront dans les trimestres à venir. Les marchés boursiers ont déjà largement anticipé le phénomène, comme en a témoigné leur envol depuis le printemps de 2009. Les investisseurs chercheront à confirmer la progression soutenue des bénéfices des sociétés. Sur la base des perspectives économiques, les Services économiques TD tablent sur une hausse de près de 10 % des bénéfices des sociétés aux États-Unis et au Canada en 2010.

On prévoit donc une reprise économique graduelle en 2010. Pour l’investisseur, cela veut dire que le rendement des liquidités sera sans doute négligeable ou presque. Les taux obligataires devraient monter modérément, mais l’on s’attend à ce qu’ils soient confinés dans une fourchette de 3 % à 4 %. Le dollar canadien devrait demeurer vigoureux, tandis que les bénéfices des sociétés afficheront de solides gains.

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