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Perspectives de placement

Les FNB de marchandises

Un homme négocie en ligne depuis son domicile.

Les FNB de marchandises ont ouvert certains des plus vieux marchés de la planète à monsieur Tout-le-monde.

Les marchandises sont depuis longtemps très recherchées pour diversifier un portefeuille de placement et le protéger contre l’inflation, parce que traditionnellement, elles sont faiblement corrélées avec les autres catégories d’actif et que leur valeur est établie indépendamment des devises ou des pays.

Jusqu’à tout récemment, le fardeau que représentaient certains aspects associés à la négociation et au règlement de marchandises physiques et de contrats à terme faisait en sorte que seuls les investisseurs institutionnels et les négociateurs experts s’aventuraient dans cet univers. Mais depuis l’arrivée des fonds négociés en bourse (FNB) de marchandises, tout a changé.

Les FNB de marchandises ont ouvert certains des plus vieux marchés de la planète à monsieur Tout-le-monde. Ces produits, comme les marchandises qu’ils ont pour objet de répliquer, se présentent sous diverses formes et comportent leurs propres caractéristiques. Ces dernières années, il y a eu une explosion du nombre de FNB de marchandises procurant une exposition à des placements dans les métaux, les produits agricoles et les produits de consommation du secteur énergétique comme le pétrole et le gaz naturel. Pour inclure avec succès des FNB dans un portefeuille, il faut tenter de saisir les nuances touchant la réplication et le prix d’une marchandise.

Comment les FNB répliquent les cours

Les FNB de marchandises répliquent celles-ci de différentes manières. Les FNB adossés à des marchandises physiques, comme les SPDR Gold Shares (GLD-US) qui répliquent le cours de l’or, ont une structure relativement simple : chaque part du FNB est adossée à une quantité physique réelle d’or. Toutefois, dans le cas de la majorité des autres FNB de marchandises, le prix de leurs parts sous-jacentes est établi suivant les contrats à terme de marchandises.

La question la plus fréquente est la suivante : Pourquoi ne pas tout simplement établir le prix des parts d’un FNB en fonction du prix au comptant? Parce que comme la plupart des marchandises physiques sont de qualité variable, il est souvent difficile de les stocker et de les transporter (et, donc, elles sont illiquides). Ainsi, tous les barils de pétrole et les sacs de café, par exemple, ne sont pas fongibles (c’est-à-dire, librement interchangeables).

Pour résoudre ce problème, il suffit d’établir le prix suivant les contrats à terme, car ils sont liquides et standardisés (ce qui signifie qu’ils sont fongibles). United States Oil Fund (USO-US), un FNB adossé à des contrats à terme de marchandises qui réplique le prix du pétrole brut, achète des contrats à terme de courte échéance qui ont une corrélation supérieure au cours au comptant du pétrole; ainsi, les événements touchant le cours actuel du pétrole auront une incidence moindre sur le prix de l’or noir dans le futur. Bien que les FNB de marchandises adossés à des contrats à terme répliquent étroitement le cours au comptant d’une marchandise, il peut y avoir de légers écarts qui se répercuteront sur les rendements.

La forme de la courbe des contrats à terme

Le rendement d’un FNB est influencé par l’évolution du cours au comptant d’une marchandise, mais aussi par la forme de la courbe des contrats à terme de marchandises.

À mesure que l’échéance du contrat à terme approche, son prix monte graduellement vers le cours au comptant. Par exemple, afin d’éviter la livraison du physique sous-jacent, chaque mois, USO doit vendre ses contrats à terme échus sur le pétrole et réinvestir les fonds dans des contrats à échéance ultérieure pour conserver son placement. Lorsque des fonds sont réinvestis dans de nouveaux contrats, le prix de référence peut être rajusté à la hausse (report, lorsque le prix du contrat à terme est supérieur au cours au comptant) ou à la baisse (situation contraire, appelée déport), selon la forme que prend la courbe des contrats à terme à ce moment précis.

Toutes choses étant égales, dans un contexte de courbe ascendante des contrats à terme, le FNB va progressivement perdre de la valeur, car le prix des contrats à terme qu’il détient glisse vers le cours au comptant inférieur à l’échéance. En revanche, lorsque la courbe est descendante, le FNB prend de la valeur, le prix de ses contrats à terme grimpant vers le cours au comptant supérieur.

La courbe des contrats à terme dépend de divers facteurs : le jeu de l’offre et de la demande du marché, le caractère saisonnier, les taux d’intérêt et les coûts de stockage. Bien qu’il existe de nombreuses théories qui tentent d’expliquer la forme de la courbe des contrats à terme sur le pétrole, aucune n’est en mesure d’en expliquer la forme en toutes circonstances.

Prix des FNB : l’importance du facteur temps

De nombreux investisseurs ont exprimé leur inquiétude quant à la non-concordance entre la variation du prix officiel des contrats à terme et les fonds négociés en bourse (FNB) adossés à des contrats à terme de marchandises. Cette non-concordance s’explique en grande partie par l’écart entre l’heure de règlement sur le marché à terme et celle sur le marché boursier.

La plupart des opérations sur contrats à terme ont lieu à la fois sur le parquet d’une bourse ou sur une bourse électronique. Voici quelques exemples qui montrent comment le facteur temps peut influencer le prix de certaines marchandises :

  • Contrats à terme sur le pétrole et le gaz : La séance du parquet débute à 9 h et se termine à 14 h 30 (HNE), mais les opérations électroniques se poursuivent, ce qui signifie que le prix des FNB adossés à des contrats à terme continue d’évoluer après la fermeture du parquet. Par conséquent, à la fin de la journée, la valeur de règlement des FNB de l’énergie adossés à des contrats à terme reflète le prix de la marchandise à 16 h sur le marché électronique – et non la valeur de règlement du contrat à terme établie plus tôt sur le parquet. Selon les émetteurs de FNB, la liquidité sur le marché électronique des contrats à terme sur produits énergétiques commence à diminuer vers 15 h, lorsque l’écart acheteur-vendeur d’un FNB a tendance à s’agrandir considérablement.
  • Contrats à terme sur l’or : La négociation sur le parquet se déroule entre 8 h 20 et 13 h 30, mais, à l’instar des contrats à terme sur produits énergétiques, la valeur de règlement d’un FNB au cours d’une journée reflète le prix de la marchandise à 16 h sur le marché électronique. La liquidité des contrats à terme sur l’or peut aussi diminuer en fin de journée, vers 15 h.
  • Contrats à terme sur les céréales : L’établissement du prix des contrats à terme sur les céréales pose un problème supplémentaire. La négociation sur le parquet a lieu entre 10 h 30 et 14 h 15, tandis que le marché électronique est ouvert entre 19 h et 7 h, en dehors des heures d’ouverture de la Bourse. Cela signifie que l’écart acheteur-vendeur d’un FNB de céréales a tendance à s’accentuer entre 9 h 30 et 10 h 30, et de 14 h 15 à 16 h. Donc, le prix de clôture d’un FNB de céréales à 16 h reflète, ni plus ni moins, le changement d’humeur des investisseurs lorsque toute négociation de contrats à terme sur les céréales prend fin sur le parquet.

Les investisseurs ne sont pas toujours conscients de ce déphasage, et sont souvent déconcertés lorsque le prix d’un contrat à terme établi le jour suivant diffère de la valeur du FNB correspondant. Les contrats à terme négociés sur le parquet doivent rattraper les opérations sur les FNB effectuées la veille.

Pour obtenir la meilleure exécution, les investisseurs achèteront des FNB pendant la séance sur le parquet; toutefois, la liquidité demeure habituellement raisonnable sur le marché électronique tout de suite après la clôture de cette séance.

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