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Perspectives de placement

Le point sur les marchés du crédit en milieu d’année

Un groupe d'hommes passent en revue des rapports et consultent de l'information en ligne sur les marchés.

Depuis l’automne dernier, les conditions de crédit au Canada se sont nettement améliorées.

Les marchés financiers sont rarement un reflet de la réalité. Ils servent plutôt à mesurer la foi ou la peur qui règnent chez les investisseurs. Sinon, comment expliquer la ruée vers les actifs risqués au cours du deuxième trimestre de 2009?

Après avoir atteint le creux du marché baissier le 9 mars, les marchés boursiers partout dans le monde ont simultanément rebondi de 30 % à 40 %. Comme les prix résultent du jeu de l’offre et de la demande, la seule variable ayant nettement changé est l’appétit pour le risque, qui s’est nettement aiguisé. Cet optimisme est attribuable au fait que les investisseurs croient que les crises économique et financière s’atténuent dans le monde. Voici un aperçu des conditions de crédit actuelles.

Pourquoi le marché du crédit est important

Le marché du crédit est à l’origine des déboires financiers et économiques dans le monde. On pourrait dire que la bulle du crédit a éclaté au milieu de 2007, lorsque deux fonds de couverture de Bear Stearns se sont effondrés. Ces derniers investissaient dans des titres de créance complexes, connus sous le nom d’obligations adossées à des actifs, et liés à des hypothèques américaines. Une série d’événements négatifs partout dans le monde a suivi, entraînant la déconfiture du système bancaire mondial, avec la faillite de Lehman Brothers Holdings Inc. en septembre 2008. Puisque le système bancaire était à peu près paralysé, le durcissement du crédit a vite touché les particuliers, les entreprises et les économies.

Dans ses prévisions d’avril 2009, le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé le premier repli économique mondial depuis la Deuxième Guerre mondiale, il y a 60 ans. Le FMI prévoit que le produit intérieur brut (PIB) mondial se contractera à un taux annuel de 1,3 % cette année, et progressera de seulement 1,9 % en 2010.

Alors que les marchés obligataires ont touché le fond du baril durant la faillite de Lehman, les marchés boursiers ont mis plus de temps à réagir. L’indice composé &SP/TSX avait atteint un sommet record seulement trois mois plus tôt. Le rétablissement du marché du crédit et la stabilisation du système bancaire sont des conditions essentielles à une reprise économique durable et à un rebond du marché boursier.

Les marchés du crédit n’ont pas fini de se rétablir

Les conditions de crédit se sont améliorées depuis, et les craintes d’une crise financière catastrophique semblent s’être atténuées. Grâce aux injections massives de fonds dans les marchés par les banques centrales, ainsi qu’au succès des mesures prises par les gouvernements pour empêcher la disparition d’autres grandes banques, le contexte économique s’est nettement amélioré depuis les jours sombres de la fin de 2008.

Selon Bloomberg L.P., le gouvernement américain et la Réserve fédérale ont dépensé, prêté ou donné en garantie 12,8 billions $US afin de venir en aide au marché du crédit, de ramener la confiance dans le système bancaire et de mettre un terme à la plus longue récession depuis les années 1930. Cette somme est presque égale au PIB du pays, s’établissant à 14,2 billions $US en 2008, et équivaut à 42 105 $US par habitant aux États-Unis. Des plans de relance similaires ont été adoptés en même temps par d’autres gouvernements et banques centrales partout dans le monde.

Sans l'ampleur exceptionnelle de ces mesures gouvernementales, la situation aurait pu être bien pire. Des indicateurs clés des conditions de crédit, tels que le LIBOR (taux interbancaire offert à Londres) et les écarts entre les obligations de sociétés et les obligations du Trésor américain, se sont nettement améliorés, mais ils ne donnent pas un portrait complet de la situation. D’autres indicateurs de risque demeurent bien au-dessus des niveaux observés avant le début de la crise financière en 2007, et de nombreuses composantes du marché du crédit dépendent encore de l’aide du gouvernement.

Dans son dernier Rapport sur le système financier mondial, publié en avril 2009, le FMI a brossé un sombre tableau du secteur bancaire mondial. Ses prévisions au sujet des dévaluations entraînées par la crise ont été révisées à la hausse et ont presque doublé, passant de 2,2 billions $US en janvier 2009 à 4,1 billions $US. Jusqu’à présent, selon Bloomberg, les dévaluations enregistrées par les banques, les compagnies d’assurance et les sociétés d’État à l’échelle mondiale totalisent environ 1,33 billion $US, chiffre légèrement inférieur au tiers des pertes totales attendues.

Le FMI estime que le système financier mondial est très mal en point; les risques systématiques demeurent élevés et le cercle vicieux entre le système financier et l’économie réelle n’a pas encore été brisé. Le FMI s’attend à ce que la crise du crédit soit longue et profonde, malgré les signes d’amélioration des conditions de crédit à court terme ainsi que l’ouverture de certains marchés à terme. Il prévoit que la crise pourrait entraîner un durcissement marqué du crédit aux États-Unis et en Europe avant que la reprise ne s’amorce.

Le 8 mai dernier, le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, a fait écho aux pronostics du FMI, affirmant que les conditions de crédit semblaient s’assouplir, mais que la remise sur pied du système financier prendrait encore du temps.

Les conditions de crédit au Canada

Depuis l’automne dernier, les conditions de crédit au Canada se sont nettement améliorées. Le 21 avril 2009, la Banque du Canada a abaissé son taux de financement à un jour à un plancher record de 0,25 % et s’est engagée à le laisser à ce bas niveau jusqu’au milieu de 2010, compte tenu des perspectives de l’inflation.

Les investisseurs ont maintenant un choix difficile à faire : ne réaliser aucun revenu d’intérêt dans leur compte bancaire ou augmenter leur tolérance au risque afin d’obtenir un taux de rendement raisonnable. Étant donné le nombre limité d’options, les investisseurs ont choisi la deuxième.

Puisque les obligations de court à moyen terme garanties par l’État ne rapportent que de 1 % à 3 %, les investisseurs se sont tournés vers les obligations de sociétés à rendement plus élevé, surtout celles des banques canadiennes. Le rendement des obligations hybrides de première catégorie (remboursables dans 10 ans) est passé de 10,22 % en décembre 2008 à moins de 6,50 % à la fin de juin 2009.

Bien que les conditions de crédit ne soient pas encore revenues à leur niveau normal d’avant la crise, l’incidence des taux à court terme près de zéro devrait continuer d’inciter les investisseurs à prendre plus de risques dans tous les secteurs du marché financier.

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