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Perspectives de placement

Est-ce que les actions peuvent rebondir?

par Craig Alexander, vice-président et économiste en chef adjoint, Groupe Financier Banque TD

Un couple en vélo de montagne prend une pause sur une colline herbue.

Il y a tout lieu de croire que les actions en viendront à enregistrer des gains solides et soutenus.

L’année 2008 s’est avérée foudroyante pour les marchés boursiers de la planète. Les prix des actions ont dégringolé, plombés par les retombées financières de la crise du crédit et les perspectives d’une récession mondiale. Compte tenu du profond marché baissier, il n’est pas surprenant que la confiance de certains investisseurs soit ébranlée.

Nombreux sont ceux qui se demandent si les actions peuvent rebondir après leur récent plongeon. Certains redoutent une répétition de la crise japonaise, dont les actions ne se sont jamais tout à fait remises après l’effondrement de la bulle immobilière en 1989. Il y a cependant peu de parallèles entre la situation actuelle et la dépression économique du Japon, et le passé nous apprend que les actions peuvent rebondir. On ne connaît ni le moment ni l’ampleur de la reprise, mais il y a tout lieu de croire que les conditions seront bientôt réunies pour que les actions en viennent à enregistrer des gains solides et soutenus (voir « Un modèle de reprise » ci-dessous).

Le graphique à bandes « Un modèle de reprise », illustrant le rendement du TSX avant et après une récession depuis 1960, montre que les actions canadiennes ont tendance à rebondir, parfois même de façon marquée, après avoir enregistré un creux.

Les ressemblances avec l’expérience japonaise

Au Japon, l’éclatement d’une bulle immobilière en 1989 a amené le système bancaire nippon à accumuler des milliards de dollars en prêts hypothécaires irrécouvrables. L’économie japonaise s’est alors embourbée dans une morosité prolongée, qui a mené à des périodes intermittentes de déflation. Cet événement a aussi causé une forte correction du marché boursier japonais, l’indice Nikkei chutant de plus de 56 % au cours des trois années qui ont suivi l’éclatement de la bulle. Les actions ne sont jamais revenues de cette dégringolade et elles se sont même enlisées durant les années subséquentes.

La crise financière actuelle est le fruit d’une bulle du crédit mondiale qui s’est développée après 2001 et qui a regroupé les bulles immobilières de plusieurs pays, dont les États-Unis. Lorsque la bulle a éclaté, le système financier international a été durement atteint.

Tout comme ce fut le cas au Japon, il y aura probablement une récession, mais cette fois-ci à l’échelle mondiale. La récession mondiale annonce une inflation plus faible, et c’est cette tendance qui explique la déroute des actions mondiales.

Les différences sont importantes

Malgré ces ressemblances, il faut souligner qu’il existe des différences majeures entre le Japon des années 1990 et le monde d’aujourd’hui. La principale différence est liée aux réactions gouvernementales. Le gouvernement japonais et la Banque du Japon ont réagi lentement à des problèmes fermement ancrés dans le système bancaire. Les institutions financières n’ont pas voulu admettre qu’elles étaient aux prises avec des prêts irrécouvrables et ne les ont pas radiés en temps opportun. L’inefficacité des initiatives de l’État et ses conséquences économiques ont énormément nui au marché boursier nippon, qui était extrêmement surévalué lorsque la bulle immobilière a éclaté.

L’expérience du Japon montre ce qui peut mal tourner, mais d’autres exemples dans le passé témoignent du potentiel de redressement qu’ont l’économie et les marchés financiers. Les pays nordiques ont aussi connu une bulle immobilière à la fin des années 1980, qui a mené à une crise financière et à une correction de plus de 30 % du marché boursier suédois au cours des deux années qui ont suivi. Le gouvernement suédois n’a pas tardé à réagir, nationalisant le système bancaire afin d’en redresser le bilan. Cette intervention s’est avérée très positive pour les actions, qui ont récupéré toutes leurs pertes au cours des trois années suivantes.

Les leçons tirées

Les décideurs ont tiré des leçons du passé. Les gouver­nements et les banques centrales ont pris des mesures draconiennes au cours des dix-huit derniers mois et ont ciblé énergiquement la source du problème : la faiblesse des bilans des institutions financières.

Ils ont aussi procédé à une spectaculaire détente monétaire. De nouvelles facilités de prêt colossales, mises en place par les gouvernements, aideront beaucoup les institutions financières à surmonter la crise. Si les actions entreprises à ce jour se révèlent insuffisantes, les autorités procéderont à de nouvelles injections de liquidités et adopteront des plans de relance supplémentaires. Toutefois, la mise en œuvre intégrale des mesures gouvernementales risque de prendre bien des mois, et rien n’empêche l’économie mondiale de faiblir à court terme.

Les actions devraient rebondir

Si ces interventions produisent les effets escomptés – et nous prévoyons qu’elles y parviendront à la longue –, la récession et le faible niveau d’inflation devraient cesser vers la fin de 2009 ou en 2010, ce qui serait extrêmement favorable pour les actions.

Les valorisations boursières semblent attrayantes après la débandade du marché. Les taux d’intérêt devraient demeurer à des creux historiques, ce qui favorisera les actions par rapport aux autres catégories d’actif. De plus, la réorientation du cycle économique contribuerait à stimuler les bénéfices d’entreprises.

Au Canada, une nouvelle remontée des prix des produits de base à la fin de 2009 et en 2010 pourrait donner un coup de pouce à l’économie. L’augmentation des bénéfices des entreprises devrait provoquer un léger rebond des actions si les ratios cours/bénéfice ne changent pas, ou elle pourrait nourrir une forte reprise si les ratios cours/bénéfice augmentent considérablement par rapport aux niveaux actuels.

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